Mots doux de Mai...
Au Café du Centre, ce 31 mai 2007 , une "soirée-rencontre" se préparait. L'estrade était dressée, les tables déménagées, les chaises groupées et la sono branchée.
Les habitués du bar lorgnaient, un rien goguenard, vers cette agitation.
" Ah, oui, c'est la soirée Paroles d'artistes ! Qui sont les invités ?"
Justement, les voilà !
Me-Mo, la discrète, avait disposé ses toiles dans la salle ; Gilles Thoraval, le rêveur, avait apporté sa
guitare et Gérard Alle, imperturbable, sereinement campé au bout du comptoir, était silencieux, observant sans nul doute tout ce petit monde avec attention, tous trois se demandant ce qu'ils faisaient là et "à quelle sauce ils allaient être mangés"!!!
On leur avait dit de parler d'eux mais c'est difficile de s'exprimer devant un public lorsqu'on a l'habitude justement de s'extérioriser par la création artistique !
Pourtant, peu à peu, chacun de ces invités s'est dévoilé.... en toute simplicité, sans fards ni strass (mais peut-être un peu de stress).
Le public, touché par les chansons poétiques de Gilles Thoraval, a fredonné, retrouvant une âme juvénile toute faite d'espoir et de soleil, même si parfois ce dernier pleure. Gilles n'a pas eu de mal à entraîner toute la salle sur les chemins et sentes de l'enfance.... Il ne les a jamais quittés !
Me-Mo a fait partager sa fascination (qui remonte à ses très jeunes années) pour l'Afrique, semblant s'excuser de n'être d'aucune école, d'aucune mouvance artistique. Elle retranscrit tout simplement ses émotions, son "ressenti" (sic). Le trait est fort, lumineux, mélangé de cendre et de sable. A l'écouter, c'est simple, mais il faut s'appeler Me-Mo pour peindre avec autant de talent !
Gérard Allé, avec beaucoup d'humour, a conté son parcours : comment il est passé de la boulange à l'écriture, comment une bonne fée, appelée Jean-Bernard Pouy, l'a contacté pour le diriger vers le roman (d'amour !) en délaissant pour un temps le journalisme (le créateur du "Poulpe" qualifié de fée, voilà qui le ferait bien rire !). Gérard a égrené quelques souvenirs : le coiffeur arrivant sur un cheval breton qui avait des allures d'éléphant à ses yeux, sa participation à la création de Nekepel, journal du centre Bretagne, sa collaboration avec Michel Thersiquel pour le très beau livre "Bretagne des lumières".
Ha, quelle belle soirée ce fut, empreinte de découverte, d'émotions, de tendresse et de rire !
Catherine Le Quemen